Société - Acteurs Jobs et Woz toujours fringants... ... les deux co-fondateurs d’Apple n’ont décidément pas leur langue dans la poche.

par Boro 19 février 2007 à 17:49

A deux jours d’intervalle, les deux Steve ont semblé à contre-pied l’un de l’autre. Une apparente contradiction qui ne les empêche pas de partager l’essentiel... même si l’évolution d’Apple les éloigne chaque jour davantage.

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Les deux co-fondateurs les plus connus d’Apple ont livré le fond de leur pensée jeudi et vendredi, invités qu’ils étaient à prendre la parole à plus de 3 000 kilomètres l’un de l’autre, au cours de deux manifestations qui se tenaient l’une à Montréal au Québec, l’autre à Austin au Texas.

Jobs et les profs...

Signe des temps ? Steve Jobs partageait la vedette de la conférence intitulée Améliorer l’éducation grâce à la technologie avec son vieux rival Michael Dell de retour aux commandes de la société qu’il a fondée, lequel Michael Dell jouait il est vrai à domicile puisque le Statewide Education Submit (Sommet sur l’état des lieux de l’éducation [au Texas]) qui les accueillait se tenait à l’hôtel Hyatt Regency d’Austin...

Plus connu pour ces capacités d’analyse et de synthèse hors du commun que pour son sens de la diplomatie, Jobs n’a pas failli à sa réputation en taclant sévèrement le système éducatif public américain, considérant que toute la technologie du monde ne pourrait améliorer les écoles publiques de son pays, tant que les proviseurs ne pourraient mettre à la porte les enseignants les plus mauvais. Et le CEO, qui rappelle volontiers que l’éducation est au cœur-même des gènes d’Apple, de poursuivre sa philippique entrecoupée d’applaudissements de l’assistance, pointant du doigt la syndicalisation et la sécurité de l’emploi des enseignants du primaire et du secondaire comme le problème essentiel du système... sous l’œil goguenard de Dell avec la société duquel il est en concurrence frontale sur le marché de l’éducation, lequel a fait mine de tempérer les propos de son challenger pour mieux en rajouter une couche sur le thème...

Avant de glisser « Je suis sûr qu’Apple vient de perdre quelques marchés dans cet État » avec l’humour qu’on lui connaît, Jobs avait tout de même livré sa vision d’une école débarrassée de ses livres de classe, où les connaissances nécessaires seraient librement accessibles sur des sources d’information en ligne, constamment remises à jour par des experts à la manière de Wikipedia. [Et de plaider pour un tel système qui dégagerait une part supplémentaire considérable sur les fonds déjà alloués au secteur, non seulement pour des matériels plus puissants, mais également des connexions internet plus rapides, ainsi qu’une mobilisation impliquant les cerveaux les plus brillants pour y particiciper.]

... et Woz, iTunes et l’iPhone

Quand à Woz, connu pour être resté un observateur avisé et n’avoir pas non plus sa langue dans sa poche, il était l’invité d’honneur de l’évènement Boule de Cristal organisé par le Centre de Recherche Informatique de Montréal (CRIM), au Palais des Congrès de Montréal. Livrant sa vision de l’innovation des technologies et des facteurs-clés de la réussite aux entrepreneurs québécois du secteur NTIC réunis pour l’occasion, Woz a entrelardé son intervention de quelques remarques sur l’iPhone et sur la question du monopole, renvoyant semble-t-il Apple et Microsoft dos-à-dos sur ce point... Remarques bien entendu relevées avec gourmandise par les journalistes présents.

En ce qui concerne l’iPhone, Woz ne comprend pas pourquoi l’iPhone ne bénéficie par de la technologie 3G, quand celle-ci est en train de se développer, y compris aux États-Unis, et se demandant même comment Apple pouvait être si en retard sur ce point... avant de confier que l’iPhone serait peut-être le premier téléphone évolué qu’il aimerait. Ce qui semble vouloir indiquer qu’il ne l’avait toujours pas essayé...

Pour ce qui est de la question du monopole, celui-ci n’est pas une mauvaise chose en soi pour celui qui est à l’origine de l’explosion de l’informatique personnelle, du moins tant que cela ne mène pas à des pratiques anti-concurrentielles... comme c’est à présent le cas d’Apple avec iTunes, poursuit Woz, pour qui une grosse société fait toujours nécessairement du dégât, plus ou moins selon sa culture d’entreprise...

Deux personnalités bien trempées...

La culture d’entreprise d’Apple est-elle décidément en train de s’éloigner de la société qu’il a fondée voici trente ans, dans le garage des parents de son copain de lycée ? Steve Wozniak est toujours resté très cohérent sur ses principes qui prennent racine dans la contre-culture née précisément du bouillonnement créatif sur le pourtour de la Baie de San Francisco, et l’on oublie trop souvent que Woz est l’un des initiateurs de l’Electronic Frontier Foundation, laquelle a notamment pris la défense des sites internet poursuivis par Apple. Steve Jobs s’est lui glissé avec délice dans les habits d’un entrepreneur non seulement visionnaire, mais également reconnu par ses pairs pour ses qualités de manager... avec toutes les décisions que cela sous-entend...Suite de l'article

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