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Irem Arcade : vieillerie assumée

Articles - Applications Irem Arcade : vieillerie assumée

Madeleines martyrisées mais madeleines libérées !

par Yoshi 30 septembre 2011

DotEmu est un éditeur bien connu pour ressortir des gloires d’antan à petit prix. Cette fois, l’entreprise française s’attaque à une compilation de jeux d’arcade d’Irem, un studio connu avant tout pour son jeu de shoot R-Type. Reste à voir si, pour cette fois, quantité rime avec qualité.

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Sortir une compilation de jeux d’un studio revient la plupart du temps à proposer ses licences les plus connues afin de miser sur l’impact marketing qu’elles pourraient avoir sur le joueur nostalgique. Ici, bizarrement, Irem Arcade Hits ne propose qu’un épisode de R-Type, et encore pas le plus connu puisqu’il s’agit de R-Type Leo, une sorte de spin-off de la série puisque certains éléments de gameplay propres à la série ne sont pas présents. DotEmu a donc préféré mettre l’accent sur d’autres jeux, peut-être afin que l’on puisse découvrir des classiques plutôt que d’en redécouvrir.

Les origines de Nazca et Metal Slug

On est donc parti pour tout d’abord découvrir les 18 jeux de cette compilation que l’on classera par thème. Et pour commencer, quoi de mieux que de s’intéresser aux origines de Nazca, la compagnie à l’origine du légendaire Metal Slug. Il faut savoir que Nazca faisait auparavant partie d’Irem et a sorti quatre jeux sous la bannière de la société japonaise. L’occasion de découvrir notamment les deux épisodes de Gunforce, véritables ancêtres du run and gun culte mais aussi deux autres jeux différents mais qui eux aussi ont participé à leur manière à sa création.

En 1991 sortait Gunforce premier du nom. On retrouve donc dedans les grandes bases de Metal Slug, à savoir le principe de jeu d’un homme seul contre une armée, un défilement horizontal, une mort imminente dès que l’on se fait toucher, des upgrades disséminées un peu partout dans le niveau (du grand classique comme un bazooka ou une mitrailleuse) et des véhicules à contrôler (hélicoptère, chariot…). En revanche, comme vous pouvez le voir, l’ambiance de doux dingue de Metal Slug n’est pas encore présente, le jeu est plutôt sombre et sérieux côté graphique. Côté scénario, pourquoi trop réfléchir, on vous parachute dans une base d’ennemis qui veulent détruire la Terre et il faut mettre de l’ordre dans tout ça.

Un an plus tard, c’est Undercover Cops qui arrive dans les salles d’arcade. Cette fois-ci, nous avons droit à un tout autre genre puisqu’il s’agit d’un beat them all. La possibilité d’utiliser plusieurs objets pour frapper les ennemis, dont certains assez improbables comme des poissons, est plutôt sympathique. Néanmoins, il faut savoir que la version européenne avait été amputée de plusieurs combos présents dans la version japonaise. S’agissant ici de la version européenne, c’est un peu dommage. Question histoire, il s’agira de défendre New York des voyous en l’an 2043. L’ambiance est assez… malsaine dirais-je, avec par exemple des corbeaux se nourrissant sur des squelettes dans le premier niveau. Par contre, je ne sais pas s’il n’y a que moi mais le premier boss me fait furieusement penser à une version robotique de Dhalsim, l’indien de Street Fighter. Une petite pique à Capcom, responsable également de Final Fight peut-être ? En tout cas, on a droit à un beat them all assez sympathique avec ce jeu.

Année 1993, encore un autre genre avec In the Hunt, un jeu de shoot à défilement horizontal qui a la particularité de vous mettre dans la « peau » d’un sous-marin. Un bouton vous permet de tirer des roquettes à l’avant, tandis que l’autre posera des mines et tirera des missiles au dessus de vous. Un petit nombre d’améliorations est disponible pour les torpilles et les missiles (explosives, tête chercheuse…). On ne joue pas à un jeu arcade pour son histoire mais sachez tout de même qu’il est question d’une méchante entreprise ayant inondé le monde entier et d’une association de rebelles qui vont donc attaquer cette firme avec leur nouveau sous-marin Granvia.
Mis à part son univers sympathique, In the Hunt ne brille pas par son originalité et se trouve être un shoot plutôt bourrin. Néanmoins, on notera la possibilité de remonter à la surface pour mitrailler les avions qui vous tirent dessus, chose impossible quand vous êtes sous l’eau. À vous donc de décider si vous privilégiez la destruction des sous-marins ennemis ou plutôt celle des bombardiers. Graphiquement, c’est la première incursion dans ce que j’appellerai la « patte » Metal Slug, de gros sprites et des animations bien détaillées, le tout avec un style dessin animé réussi. Voir des dizaines de mines exploser en même temps dans les fonds marins est très plaisant. Allez savoir pourquoi, peut-être l’univers mais j’ai vraiment apprécié ce jeu malgré son classicisme dans le gameplay.

Encore un an plus tard, Gunforce se voit doté une suite, sobrement appelée Gunforce II. Cette fois, on a vraiment notre précurseur de Metal Slug, les principes du premier Gunforce avec des graphismes à la In the Hunt, des explosions dans tous les sens, des bonus de tous les côtés et des engins encore plus destructeurs, le tout avec un scénario « le gentil contre tous tous les méchants » on ne peut plus basique.
Composé de cinq niveaux qui se terminent toujours par un boss gigantesque, vous commencerez chacun des niveaux avec deux fusils mitrailleurs, de quoi faire pas mal de dégât dès le début. Mais récupérer un lance-flamme ou un lance-missiles sur le cadavre encore fumant d’un ennemi sera également intéressant. Le fait d’avoir deux armes vous permet de tirer dans beaucoup de directions différentes et jouer sans joystick est assez improbable. On notera le fait de pouvoir s’attacher à certains éléments de décor comme des cordes. Et puis, n’oublions pas de parler des engins, chaque niveau en propose à plusieurs moments histoire de briser la routine de la marche à pied. Tourelle, jeep avec mitrailleuse, robots, vous serez gâté sur ce point. En tout cas, Gunforce II constitue assurément l’un des meilleurs jeux de cette compilation et marque l’aboutissement chez Irem de l’équipe qui donnera naissance à Metal Slug. Deux ans avant, l’idée était déjà là, Gunforce II pourrait presque être considéré comme un Metal Slug 0.

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