Comment obliger votre Mac…
La plus belle ressource que met à notre disposition l’ordinateur pour nous dissuader de toute tentative d’augmentation, ou même de simple maintien, de notre productivité, c’est évidemment lui-même. Les pannes, fortuites ou provoquées, ne sont que la plus évidente manifestation d’un édifice informatique qui, observé sous un certain angle (celui de la mauvaise foi peut-être ?), apparaît surtout dédié à s’auto-occuper, s’auto-entretenir, s’auto-réparer (mais si mal) et ne surtout pas s’auto-suffire.
Méthode 4 : le Système
Il en va ainsi du système d’exploitation : alors qu’il ne viendrait à personne l’idée de modifier continuellement, par l’ajout et le remplacement de pièces, voire la substitution entière du mécanisme, un moteur automobile, un patin à roulette, la culotte du zouave ou – encore moins – son propre cerveau, les « mises à jour du système » sont une opération tellement habituelle, automatisée, et même quasi-transparente, que nul ne s’étonne plus qu’il faille ainsi, de quinzaine en 
Le chasseur de temps libre, nonchalant certes, mais pas idiot, va évidemment s’engouffrer avec volupté dans cette brèche institutionnelle à la productivabilité (mot imaginaire, sans doute employé dans quelques milliers d’entreprises à dents longues) qu’est la pratique de la mise à jour système.
L’emploi de la méthode de la « mise à jour système », pratiquée à des fins dilatoires quoique dans les règles de l’art, est excessivement simple, mais nécessite un excellent matériel : de préférence, l’ensemble des patches, rustines, updates, mises à niveau, ayant vu le jour numérique depuis la sortie du plus vieux système d’exploitation compatible avec votre ordinateur. Muni de cet attirail, vous pouvez par exemple, hisser votre G3 de Mac OS 8.1 à Mac OS X 10.2.2 dans la journée – alors que cela a pris trois ans à Apple. Si tout va bien vous posséderez à la tombée du jour un système d’exploitation strictement identique à celui qui tournait le matin. Oui, mais neuf.

