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Événement

Steve Jobs et moi

Steve Jobs a changé la vie du monde entier. Et la mienne aussi.

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J’ai un souvenir fugace de Steve Jobs, dans les années 2000, durant un AppleExpo, à Paris. Le CEO d’Apple, qui y assurait encore des keynotes, se baladait dans les travées du Parc des Expositions. Il était accompagné de sa troupe et bien évidemment, je n’ai pu que le regarder passer, moi pauvre utilisateur perdu parmi la foule. Impossible de créer le contact visuel, mais j’avais mon trophée, mon image de Steve Jobs ! Et j’étais fier comme un paon.

Il me semble à bien y réfléchir que Steve Jobs a toujours fait partie de ma vie adulte, quand j’y pense.

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C’était avant la maladie, avant qu’Apple ne devienne la première capitalisation boursière au monde, c’était une époque où même si l’on sentait que quelque chose d’énorme se tramait dans l’ombre des labos R&D de Cupertino, Apple restait une petite compagnie informatique créée par deux doux-dingues chevelus.

Pour tout dire, on s’y sentait presque en famille, et Steve Jobs était une sorte de patriarche – pas un père, ni même un gourou comme on l’a beaucoup caricaturé, mais une sorte de capitaine menant une barque pleine de marins enthousiastes… même si on ignorait jusqu’où il allait nous mener ! Mais il ne fait guère de doutes que Steve Jobs savait exactement ce qu’il voulait et où il voulait emporter le monde… quitte à perdre en chemin quelques compagnons de route et des vieux routiers mécontents de la trajectoire suivie par Apple depuis quelques année.

Mais c’est ainsi que la vie est faite, et ni Apple ni Steve Jobs ne restaient sur place, et c’est bien ainsi puisque c’est comme cela que se bâtissent les rêves.

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Steve Jobs est né le 24 février 1955, à San Francisco. Sa mère, Joanne Carole Schieble, et son père d’origine Syrienne, Abdulfattah John Jandali, font le choix peu après sa naissance de le laisser à l’adoption. Paul Jobs et Clara Jobs, habitant à Moutain View non loin de San Francisco, prennent le petit Steve sous leurs ailes.

Après des études qui le mène de Cupertino (Homestead High School) à Portland (Reed College), il atterrit à l’Homebrew Computer Club de Palo Alto, où il fait une rencontre qui va bouleverser sa vie : Steve Wozniak ! Ils travaillent tous deux pour Atari dans l’espoir de récolter quelque argent pour une retraite spirituelle en Inde… En attendant, ils créent BreakOut, un casse-briques célébrissime qui sera d’ailleurs intégré comme easter egg dans le premier iPod.

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C’est le 1er avril 1976 que nos deux larrons fondent, dans le garage des parents de Steve Jobs, Apple. Steve Jobs a alors 21 ans, et Steve Wozniak 26 ans.

L’anecdote est connue : le nom et le logo (dont la version définitive ne sera finalisée qu’en mai de l’année suivante) de la société provient de l’appétence de Steve Jobs pour les pommes, dont il s’est nourri quasi exclusivement lors d’un voyage au Népal. Il appréciait particulièrement les Macintosh ! Comme quoi, le bonhomme avait de la suite dans les idées. Beaucoup de suite.—–

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Le premier ordinateur jamais sorti de la «ligne de production» de la toute jeune entreprise est l’Apple I, mis en vente en juillet 1976 au prix de… 666,66$. L’esprit potache était la marque de l’époque, et les deux Steve se lançaient dans un marché tenu par des mastodontes, tel IBM qui fut longtemps la cible privilégiée de Steve Jobs. En décembre de la même année, Apple écoulait son premier ordinateur (livré en kit et à monter soi-même) à travers une dizaine de magasins aux États-Unis – il faudra attendre de longues années et de nombreuses péripéties avant que le premier AppleStore n’ouvre ses portes !

En avril 1977, après avoir déménagé du garage fondateur, l’Apple II est dévoilé, avec des caractéristiques qui ont fait rêvé… à l’époque ! L’ordinateur affichait en effet 4 Ko de mémoire pour le tarif, pas si modeste, de 1 298$. En juin, c’est l’Europe qui commence à voir débarquer cette drôle de machine, via Eurapple qui en débute la distribution.

1978 marque une étape importante : Apple déménage en effet dans son nouveau quartier général de Cupertino ! Le campus s’agrandira tant et si bien (en 1980, la firme à la pomme signe son millième employé !) qu’Apple va en créer un deuxième (le fameux «spaceship» ou donut géant), et compte bien en ouvrir un troisième.

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La vie d’Apple suit son cours, entre lancements de nouveaux ordinateurs (Apple III en 1980) et premières bisbilles entre les deux fondateurs. C’est qu’ils ne sont pas d’accord sur la feuille de route de leur entreprise : Jobs veut se lancer dans l’interface graphique, Wozniak, en bon informaticien, veut continuer à améliorer l’Apple II. En 1981 cependant, un drame se noue : Steve Wozniak, alias Woz, est victime d’un accident d’avion. S’il retrouve ses moyens suite à une longue hospitalisation, il décide de prendre du champ, achève ses études, se marie… Après un retour chez Apple en 1983, Woz quitte finalement l’entreprise qu’il a co-fondée en février 1985.

Les deux Steve sont restés toujours en contact; d’ailleurs, Woz continuait de recevoir tous les produits d’Apple… même s’il préfère être dans la file d’attente avec les autres geeks impatients !

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1985, c’est aussi l’année où Steve Jobs se fait montrer la porte par le CEO d’Apple, John Sculley, et le conseil d’administration. Il faut dire que le bonhomme n’est pas facile à vivre au quotidien et que son comportement souvent irascible est la source de bien des fâcheries. Après avoir démissionné d’Apple, il lance une nouvelle entreprise, NeXT, qui servira de creuset à Mac OS X et à toutes les technologies logicielles qui rythment actuellement nos vies numériques.

Malheureusement pour Steve, NeXT n’a pas connu le succès, malgré d’éclatantes réussites comme WebObject.

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Cette relative traversée du désert est cependant couronnée par un immense succès : en 1986, Jobs pressent que le département d’animation numérique balbutiant de LucasFilm portait en lui les germes de la réussite. Une fois racheté, Pixar se met au travail et 9 ans plus tard, lance le film Toy Story.—–

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Si Steve Jobs s’est évidemment impliqué dans Pixar, il a toujours laissé le soin à d’autres (on pense à John Lasseter, par exemple) de créer et imaginer les univers des films de la société. En 2006, au plus fort de son succès, Pixar se laisse racheter par Disney pour 7,4 milliards de dollars – mais ne faudrait-il pas plutôt parler de l’inverse, tellement Pixar a infusé dans les différents départements du groupe de divertissement ! De cette aventure, Steve Jobs a gagné une place enviable au sein du conseil d’administration de Disney, celle de premier investisseur individuel.

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En 1996, Apple va mal. Très mal. «Rendez l’argent aux actionnaires !», intime même Michael Dell ! La solution de la dernière chance pour sauver l’entreprise, qui s’est perdue en chemin en multipliant les modèles boggués, se lançant même dans l’aventure suicidaire des clones, est de rappeler Steve Jobs à son chevet… non sans avoir auparavant envisagé l’acquisition de Be Inc. Avec ses derniers sous (400 millions de dollars), la société rachète NeXT et place Steve Jobs en CEO d’intérim… l’iCEO est né !

Animé d’une nouvelle vigueur et désireux de prouver à tous qu’il peut sortir sa société de l’ornière, Jobs arrête les clones et beaucoup de projets mis en place par son successeur Gil Amelio… dont le Newton, qui reviendra de nombreuses années plus tard.

Avec l’aide précieuse d’un designer anglais sous-employé, un certain Jony Ive, Steve Jobs relance Apple avec des produits aux lignes audacieuses : iMac, iBook… Des ordinateurs aux formes ludiques et colorées, qui replacent Apple sur la carte des constructeurs informatiques qui comptent. Surtout, Jobs impose des choix radicaux : exit le lecteur de disquette ! Bonjour le port USB ! C’est gonflé et contre toute attente… ça marche ! Apple est de retour.

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En 2000, après quelques versions de Mac OS «classic», Steve Jobs lance sa grande oeuvre : Mac OS X. Interface «Fisher Price», raille les mauvaises langues, mais pardon : sous le capot, des technologies issues de NeXT et du monde libre, qui seront la pierre angulaire du renouveau logiciel d’Apple… même si à l’époque, ça n’a rien de franchement évident. Les utilisateurs de Mac OS 9 ont bien du mal à se faire au nouveau système Unix et l’OS manque franchement de réactivité. Qu’à cela ne tienne, Apple poursuit crânement sur sa route, menée par un Steve Jobs qui devient définitivement CEO (sans le «i») la même année.

C’est d’ailleurs en 2000 que Jobs se laisse prendre à son propre jeu en mettant au catalogue un ordinateur aussi superbe qu’onéreux et peu pratique : le Cube. Superbe pièce d’ingénierie, c’est aussi la limite franchie du design à tout prix…

Plusieurs révolutions ont déjà jalonné l’histoire de Steve Jobs : celle de l’ordinateur personnel, de l’interface graphique, de l’animation numérique… En 2001, il lance à la surprise générale un nouvel objet, un baladeur musical à disque dur qui va marquer le début de l’ascension irrésistible d’Apple : l’iPod. Avec son interface épurée, sa molette (d’abord mécanique puis rapidement tactile), l’iPod représente à l’époque le summum de ce qu’Apple veut représenter : de la simplicité, du design, de la facilité d’usage.—–

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Le baladeur connaît les années suivantes plusieurs itérations, mais en dehors de l’aspect matériel, Apple pose une brique essentielle : celle d’iTunes, qui est d’ailleurs né d’un coup de gueule de son patron qui avait bien remarqué que sa société avait raté le coche de la gravure de CD musicaux. Le logiciel s’est enrichi en décembre 2004 d’une boutique musicale, fruit des négociations entre une industrie du disque dédaigneuse et une société qui elle, voyait juste et avait compris avant tout le monde ce que les consommateurs désiraient : des morceaux à 0,99$, une interface simple.

Apple détient aujourd’hui plus de 70% du marché de la musique numérique, aussi bien du côté des baladeurs que de la distribution de morceaux.

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Après la musique, Steve Jobs s’attaque à la téléphonie : les smartphones sont alors lourds et peu pratiques. En janvier 2007, sur la scène du Moscone Center, le patron d’Apple fait sensation avec ce qui restera sans doute comme sa meilleure prestation : l’iPhone est né. La concurrence se gaussera alors à l’époque, mais après un faux départ (le mobile est vendu trop cher, sans subvention opérateur), l’iPhone commence à faire son trou. Rapidement, l’appareil et ses déclinaisons iront puiser dans une nouvelle boutique proposant des applications, des apps comme on dit désormais : l’AppStore. Le modèle sera partout imité, jamais égalé !

Aujourd’hui, Apple représente 5% de la téléphonie mondiale, un score inattendu pour une entreprise que d’aucuns auraient voulu confiné dans le business des ordinateurs…

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Mais avant l’iPhone, Steve Jobs avait commencé à plancher sur un nouveau concept d’ordinateur, la tablette. Ce segment de marché, massacré par Windows et des constructeurs sans talent, méritait que quelqu’un de visionnaire se penche dessus. Si Apple a dû se lancer d’abord dans l’iPhone avec le succès que l’on sait, c’est d’abord à l’iPad que Jobs pensait ! Trois ans après le smartphone, le patron d’Apple lance ce fameux iPad, un produit qui allait créer un nouveau marché – certains analystes indiquent d’ailleurs qu’il n’existe pas de marché pour la tablette, mais qu’il y a bien un marché pour l’iPad.

La tablette redessine le paysage de l’informatique, en envoyant bouler les vilains netbooks, allant même jusqu’à cannibaliser les ordinateurs portables… y compris les MacBook !

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Steve Jobs a gagné : il a remis Apple au centre du jeu. Il n’y a qu’à voir l’effervescence autour de la moindre keynote pour se rendre compte de l’importance prise par Apple dans la vie de tout un chacun. Le génie d’Apple, et de Steve Jobs, a été de s’adresser d’abord au grand public d’une façon honnête, sincère et simple : depuis la première interface graphique jusqu’à iOS 5, tout est fait pour mettre l’utilisateur à l’aise, maître de sa machine. La simplicité, mais pas le simplisme, est sans doute le concept le plus difficile à réaliser. Apple y est arrivée, et la concurrence se gratte encore la tête.

Steve Jobs, avec ses immenses qualités, et aussi ses défauts, est devenu l’égal des plus grands visionnaires – il s’est réinventé plusieurs fois, a révolutionné les secteurs dans lesquels il s’est plongé avec enthousiasme et ferveur, et s’il a réussi une chose et une seule, c’est celle-ci : changer la vie. Et la mienne aussi. Merci à toi.

Sélection biographique :
Wikipedia
Aventure Apple
All About Steve Jobs

L’équipe de MacPlus, d’iTrafik et de FunTouch adressent leurs condoléances à la famille de Steve Jobs, ainsi qu’à la grande famille des utilisateurs de Mac, d’iPhone, d’iPad, d’iPod… et de tout ce que Steve nous a donné.