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Édito

Un nouveau cycle pour Apple

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Outre l’iPhone 5c et ses 5 couleurs, a également été présenté l’iPhone 5s le nouveau navire-amiral de la flotte, avec lui aussi en vedette une livrée revisitée, rutilante comme une galère d’apparat… et la puissance de feu fantasmée d’un vaisseau de ligne de la Marine de sa Gracieuse Majesté. Développé pendant environ 11 minutes pendant la keynote, vidéo de promo comprise, après l’introduction commune des deux terminaux, c’est pourtant iPhone 5c qui a mobilisé l’essentiel des « commentaires d’après match ». L’iPhone 5s, qui a bénéficié lui de 32 minutes d’exposition, a en revanche été très peu commenté. tout juste a-t-il été mentionné pour brandir d’une puce 64 bits l’arrivée d’un capteur biométriques en guise de bouton home comme une revanche sur Samsung, ou pour s’étouffer devant le nom choisi pour la nuance «Space Gray», traduite en français par « Gris sidéral ». Ce nouveau modèle préfigure pourtant une rupture, mais pour d’autres raisons.

Reality Distorsion Field

On a souvent comparé ici Steve Jobs à un fantastique joueur de bonneteau, avec sa capacité, sans doute unique parmi les dirigeants internationaux, à faire passer la teneur de son message… tout en en occultant certains des aspects. La maîtrise du « champ de distorsion de la réalité » est un dindon, ou Philippe Schiller a-t-il bénéficié de trading de la part de Steve avant son départ ? Le vice président marketing de la firme, habitué des numéros d’Auguste du temps de son charismatique patron, a en effet très largement réussi son coup.

Réglons tout de suite leur compte à la puce A7 et ses 64 bits, ou au Touch iD le capteur biométrique : Apple ne fabrique pas, ou plus, ou pas encore. Il s’agit certes d’avancées importantes, bienvenues et négociées devant ses compétiteurs, mais ce qu’un fondeur ou plus généralement qu’un fournisseur propose, un autre pourra sous peu en faire autant… pour autant que l’on arrive à sécuriser ses approvisionnements ! Nul ne l’ignore moins qu’Apple, qui a maintes fois tenté de se différencier par les composants, parfois avec succès, avec des revers beaucoup plus fréquemment, et ce pour de multiples raisons. La liste de ces tentatives est longue comme l’histoire récente d’Apple, mais un exemple est particulièrement explicite.

La différenciation par les composants : oui mais…

Ce n’est en effet pas la première fois qu’Apple vire en tête la bouée du 64 bits, en choisissant IBM et son PowerPC 970 à la surprise générale, en lieu et place de Motorola qui était alors son fondeur attitré voici tout juste 10 ans. Microsoft, dont la puissance d’alors été sans commune mesure avec celle d’Apple, réplique rapidement : elle se débrouille pour détourner l’intérêt d’IBM et « assécher » les approvisionnements d’Apple en choisissant le PowerPC 970 pour sa console Xbox 360, qui embarque pas moins de deux processeurs. Moralité, Apple choisit en 2006 de faire alliance avec Intel à la surprise générale, prenant à son tour Microsoft à revers.

Samsung qui dispose maintenant d’une expérience substantielle en matière de conception et de fabrication de puces ARM ne mettra pas longtemps avant de proposer à son tour des appareils estampillés « 64 bits », et le taïwanais HTC a semble-t-il laisser « fuiter » opportunément la présence d’un lecteur d’empreintes digitales sur son prochain téléphone portable. Il serait étonnant de ne pas voir Samsung rapidement faire de même. Quant à Google qui présentera bientôt la nouvelle version d’Android, combien de temps mettra t elle à proposer quelque chose d’équivalent? Malgré son expérience sur l’itanium, Microsoft avait mis 2 longues années avant de proposer quelque chose d’un peu grand public en matière de 64 bits.

50 nuances de “Gray”…

Le passage à la capacité de traitement sur 64 bits est plutôt une bonne nouvelle pour la plate-forme, a fortiori lorsqu’il s’agit d’un System on Chip qui prend en charge le calcul de l’affichage, mais c’est plutôt du côté du coprocesseur M7 qu’il faut chercher la véritable pépite matériel de cette présentation.

Le coprocesseur qui prend en charge la mesure des données de mouvement de l’accéléromètre, du gyroscope et de la boussole permet certes de soulager le processeur principal A7, tout en évitant de trop tirer sur la batterie, ou se montrera un parfait auxiliaire pour les applications de GPS et d’accompagnement de la pratique sportive. Mais c’est surtout un fantastique support pour faire de l’iPhone ou des futurs iPod une télécommande ou une manette de jeu redoutable… sans même parler de son intégration dans un bracelet ou d’une montre, qui pourrait potentiellement rendre obsolète n’importe quelle manette Wii, voire un système Kinect pour peu qu’Apple se décide à faire de l’Apple TV ou de sa smart TV un véritable support de jeux sur grand écran. Compte-tenu du tour joué par Microsoft avec le PowerPC 970, est-ce par malignité que Phil Schiller a parlé de «desktop class» et de «console class» à propos de l’affichage l’iPhone 5s ? Le potentiel de l’A7 et de ses successeurs ne sera en tout cas pas de trop s’il faut vraiment animer une dalle de la classe des 4K qui sera sous peu le format de référence.

Pour le clin d’œil, M7 est également le nom d’un amas ouvert, c’est-à-dire d’un amas d’étoiles sensiblement du même âge et liées entre elles par la gravitation. Faut-il y voir un lien avec le fameux « Spatial Gray » et son orthographe particulière ? Le Gray Code (ou code binaire réfléchi) est en effet une méthode de codage particulière utilisée pour les calculs de position, comme par exemple pour le déplacement d’une souris informatique. Puisqu’on vous dit que l’équipe du design et du hardware du très britannique Jony Ive et de Dan Riccio travaillent à présent main dans la main…