50 ans chez Apple : l’histoire folle de l’employé n°8 toujours en poste
Connaissez-vous Chris Espinosa ? Retour sur l’histoire folle d’un ado de 14 ans qui est le plus ancien employé d’Apple.
Cupertino, 1976. Un adolescent gare sa mobylette devant une maison de banlieue. À l’intérieur, deux types nommés Steve assemblent des ordinateurs à la main dans le garage familial. Le gamin s’appelle Chris Espinosa. Il n’a même pas le permis, mais il a déjà un badge : employé numéro 8 d’une petite boîte qui vient de se créer, Apple Computer.
Sa mission chaque mercredi après les cours ? Faire la démo de la machine aux rares curieux prêts à croire qu’un ordinateur pouvait entrer dans un foyer. Une idée qui, à l’époque, paraissait « bizarre, voire effrayante », confiera-t-il plus tard au New York Times.
Cinquante ans après, Apple pèse environ 4 000 milliards de dollars. Et Chris Espinosa, 64 ans, pointe toujours au bureau. Il est aujourd’hui le salarié le plus ancien de la firme, un cas quasi unique dans une Silicon Valley où l’on change d’employeur comme de chemise.
Son parcours ressemble à un condensé de la saga Apple. Ado, il code en BASIC pour l’Apple II, recruté par Jobs en personne. Étudiant à Berkeley, il rédige la nuit le manuel utilisateur de la machine de plus de 200 pages. En 1981, Jobs le convainc de lâcher la fac pour revenir à plein temps. Il ne repartira jamais.
Il a tout vu : le départ de Jobs en 1985, la décennie noire, les vagues de licenciements à répétition. Anecdote savoureuse : s’il a survécu aux coupes, c’est parce que son ancienneté rendait ses indemnités de départ… trop chères pour Apple. Son mantra : Puisqu’il était là quand on a allumé la lumière, autant rester jusqu’à ce qu’on l’éteigne.
La suite lui a donné raison. Retour de Jobs en 1997, iPod, iPhone, et une entreprise devenue la référence mondiale de la tech. Au passage, les 2 000 actions offertes par Steve Wozniak après l’entrée en Bourse de 1980 vaudraient aujourd’hui environ plus de 130 millions de dollars.
Et maintenant ? Espinosa travaille sur tvOS, le système de l’Apple TV. Son regard sur la tech actuelle est sans filtre : trop de startups cherchent la prochaine bulle pour en sortir avant l’explosion, loin de l’intérêt du client.
Une philosophie qui, selon lui, n’a jamais été celle d’Apple. Cinquante ans de maison, ça donne le droit de le dire.