L’Apple Card a 7 ans : la France attend toujours sa carte d’invitation
Peut-on un jour espérer voir la carte débarquer en France ? Rien n’est moins sûr, et ce, pour de bonnes raisons.
Il y a des anniversaires qu’on fête avec bonheur et d’autres avec tristesse… Pour ce qui est de l’Apple Card, qui vient de souffler sa 7e bougie, en France, la fête est loin d’être joyeuse. Pour la simple et bonne raison qu’après tout ce temps, la carte bancaire Apple n’a toujours pas mis un pied en France, ni d’ailleurs nulle part ailleurs en Europe… Joyeux anniversaire quand même !
La carte donne envie, sur le papier
L’Apple Card a de nombreux atouts. Gratuite, gérée directement depuis l’app Wallet de l’iPhone, la carte permet un suivi des dépenses par catégories et récompense les achats grâce à un cashback avantageux (1 % sur tous les achats, 2 % pour les achats réalisés via Apple Pay et 3 % pour les achats en Apple Store). Les détenteurs peuvent même ouvrir un compte épargne à bon rendement (entre 3 et 4 %). De quoi faire rêver de nombreux Français utilisateurs de produits Apple et acheteurs réguliers.
Mais depuis 2019 et son lancement, malgré plusieurs signaux d’espoir, la carte n’a jamais traversé l’Atlantique. En 2022, pourtant, on a cru : Apple rachetait Credit Kudos, start-up britannique spécialisée dans l’évaluation de crédit. L’opération relançait alors les spéculations quant à une arrivée de la carte sur le sol européen, via nos voisins d’outre-Manche en premier lieu. Mais depuis, rien n’a bougé.

© Unsplash / Melvin Thambi
Le vrai blocage : la réglementation européenne
Si l’Apple Card reste bloquée aux portes du vieux continent, ce n’est pas un hasard. Goldman Sachs, la banque partenaire d’Apple aux États-Unis, n’est tout simplement pas implantée en France pour les particuliers. Tim Cook lui-même l’admettait en 2019 dans une interview aux Échos : pour déployer Apple Card en France, il lui fallait trouver une banque française capable de répondre aux exigences d’Apple.
À cela s’ajoute un frein plus structurel : l’Union européenne plafonne les frais que les commerçants doivent reverser aux émetteurs de cartes, à 0,2 % pour une carte de débit et 0,3 % pour une carte de crédit. Aux États-Unis, ces frais dépassent parfois 3 %, ce qui rend le marché américain bien plus rentable pour Apple. Ainsi, avec des frais bancaires divisés par 10 en France, on comprend aussi pourquoi l’implémentation dans l’Hexagone n’est pas la priorité du moment…
Une page qui pourrait bientôt se tourner, mais pas pour nous
L’anniversaire tombe justement à un moment charnière pour Apple Card. Goldman Sachs, en difficulté financière sur son activité de prêts aux particuliers, cèdera la place à Chase, filiale de JPMorgan, d’ici 2028, comme partenaire de la carte Apple. Tim Cook a précisé que les utilisateurs actuels pourront continuer à utiliser leur carte normalement pendant la transition. Mastercard restera le réseau de paiement utilisé.
Mais ce changement ne concernera, une fois de plus, que les utilisateurs américains. Aucun indice ne laisse penser qu’un lancement européen soit à l’ordre du jour, sept ans plus tard. N’espérez donc pas pouvoir jouir de l’Apple Card prochainement en France. Heureusement, il existe ici de nombreuses solutions de choix chez les néobanques, aux conditions avantageuses, comme N26 ou encore Revolut et même BoursoBank, dans le genre un peu plus traditionnel.