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Part de marché tablettes : IDC comptabilise les jouets

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Plus on se penche sur les mystères des agences de marchés, plus on tombe généralement de haut. Les chiffres de parts de marché semblent être devenus pour nombre de sociétés des enjeux tels qu’il devient impossible de déterminer avec précision ce qui est de l’ordre du vraiment pertinent et ce qu’il convient d’apeller un façonnage du réel à la convenance de certains acteurs.

Il y a quelques jours IDC était pris la main dans le sac pour avoir trituré à sa sauce les chiffres de Pdm de l’iPad sur l’année 2012, rajoutant à ses statistiques des tablettes surgies dont ne sait où, histoire de faire baisser la part globale de la tablette d’Apple. Questionné par le site Appleinsider au sujet de ces manipulations de chiffres un an après leur publication, IDC a voulu éteindre l’incendie qui couvait et a tenu à préciser que ses données étaient le fruit de vraies recherches; celles-ci auraient permis de faire surgir de terre un énorme marché jusque là invisible de tablettes low-cost sous marques blanches, celles-là même que l’on trouve à 40-50 dollars sur Amazon et qui possèdent des dalles avec un temps de réponse compris entre la 1/2 seconde et la seconde.

Le porte-parole d’IDC, Ryan Reith, va même plus loin et indique que sa société inclue dorénavant dans ses données toutes les tablettes comprises entre 7 et 10 pouces. Et par “toutes les tablettes” il faut bien comprendre “toutes” puisque Reith va jusqu’à préciser que la catégorie englobe aussi les ardoises électroniques pour les enfants et les jouets tactiles.

Ces informations nouvelles jettent une lumière crue sur nombre d’analyses du marché des tablettes s’appuyant sur les chiffres d’IDC ou de SA, analyses censées démontrer que l’iPad est en voie de marginalisation. Mais comment considérer avec sérieux des courbes de marché incluant des appareils qui ne se retrouveront jamais dans aucune statistique d’usage ? La domination monumentale de l’iPad sur la toile, dans toutes les études disponibles, démontre la vacuité totale de données qui ne reflètent plus rien d’autres qu’elles-même. Il est à noter que concernant les smartphones, IDC applique les mêmes critères : un feature phone sous Android proposé à 50 dollars au fin fond d’une échoppe chinoise est maintenant comptabilisé (sur quelles bases d’ailleurs ? Les principaux fabricants Android ne donnent aucun chiffre précis de vente, alors les autres…), ce qui permet d’afficher des activations 30 ou 40 % supérieures aux chiffres fournis par Google lui-même.

Surtout, il est maintenant permis de douter de l’ensemble des éditos spécifiant bruyamment que l’iPad ou l’iPhone ne sont pas le nouvel iPod pour Apple. Mais là encore sur quelles bases ? Car c’est oublier un peu vite que les parts de marchés de l’iPod étaient à l’époque évaluées sur les seules ventes déclarées de tous les acteurs du secteur. En clair, il n’apparaissait pertinent à personne, et on se doute pourquoi, d’inclure dans les chiffres de Pdm des baladeurs numériques la myriade infinie de modèles à très bas prix dont le niveau des ventes impossible à évaluer (mais sans doute très bas, les entreprises de l’ultra-low cost faisant faillites sur faillites) aurait faussé de façon grotesque la vision globale du marché.

C’est pourtant ce petit jeu auquel s’adonnent aujourd’hui IDC et Strategy Analytics, pour des raisons parfois difficiles à discerner. Car sans cette Pdm du très bas coût dont la catégorie est un vaste fourre-tout, l’iPad tiendrait sans doute la moitié du marché en pourcentage, soit un chiffre très proche des parts mondiales de l’iPod lors de sa longue période de domination. Pourquoi donc ces manipulations qui ne semblent satisfaire que les milieux financiers et les services informatiques désireux de pouvoir justifier le ban de leur entreprise de tout produit Apple ?

C’est peut-être Strategy Analytics qui fournit un premier élément de réponse, en publiant de façon claire (et pour tout dire courageuse) ses activités. Alors qu’on pensait l’organisme tourné vers la recherche d’une certaine “vérité” du marché, on apprend au contraire que l’un des objectifs de la société est de mettre en place des outils pour ses clients permettant d “‘influencer le consommateur et de modifier ses préférences d’achats“, un aveux presqu’incroyable quand l’on songe que Samsung fait parti des clients de SA (mais pas Apple). Dans quelles mesures la publication de tableaux de parts de marché participe à modifier ces fameuses préférences d’achats, impossible de le savoir, mais il est presque acquis que la publication des objectifs réels de l’entreprise est aussi une façon de se protéger légalement, et par avance, de toute critique sur le manque d’objectivité des analyses fournies.

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