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PureRAW par DxO, une pure merveille ?

PureRAW met en tout cas la qualité du post-traitement DxO à la portée des utilisateurs d’Adobe avec la commodité d’un script PhotoShop (et c’est déjà bien)

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pack shot PureRAW
© DxO Labs

Quelques mois après avoir présenté son nouveau procédé d’édition de fichiers RAW DeepPRIME, intégré à la dernière version de son logiciel-vedette PhotoLab 4, l’éditeur français DxO propose aux professionnels et aux amateurs avancés la même qualité de post-traitement avec PureRAW. Le processus de traitement de l’image est toujours basé sur le Deep Learning, mais prend place cette fois en amont de leur processus habituel de travail. Sont directement visés en particulier les utilisateurs de Photoshop et de Lightroom, qui représentent à présent, qu’on le veuille ou non, les gros bataillons des 10 millions d’adeptes du format RAW à travers le monde.

Ce ne sont pas les aficionados historiques d’Apple qui le nieront : ce n’est pas très facile d’exister quand l’acteur principal capte 90 % de parts d’un marché, en jouant sur l’argument « professionnel ». Et ce, quels que soient les qualités et les arguments de votre produit. L’effet de rente procuré notamment par les habitudes de travail acquises au fil des années, ou le verrouillage de l’utilisateur par le système de l’abonnement, force les autres acteurs du marché à encore plus d’agilité et de créativité s’ils veulent continuer à exister dans une écologique encombrée par de tels dinosaures.

Avec PureRAW, exister dans un monde « Adobe »

En attendant une météorite, ou l’accident industriel ? Toutes proportions gardées, la situation de DxO Labs n’est pas sans rappeler celle d’Apple face à Microsoft, avant la succession des virus à l’automne 2003 et la catastrophe industrielle qu’a pu représenter Vista. Avec PureRAW, l’éditeur français s’efforce de s’insérer au début du flux de travail des utilisateurs d’ACR (l’éditeur de fichiers RAW présent dans Photoshop et Lightroom) au premier chef… sans doute avec le secret espoir de faire ainsi la démonstration de la supériorité technologique de sa solution.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que DxO Labs tente de se glisser dans l’écosystème du mastodonte de San José. En 2013 déjà, le français avait tenté d’insérer DxO Optics Pro 9, qui embarquait pour la première fois PRIME, la précédente mouture de son moteur de développement, dans le flux de travail de Lightroom. Notamment grâce à un plug-in pour faire l’interface entre les deux logiciels et générer un fichier RAW générique (DNG). beaucoup plus simple d’utilisation, PureRAW produit également du DNG mais se présente cette fois sous la forme d’une simple « boîte de dépôt », aussi simple d’utilisation qu’un script PhotoShop ou Automator.

Alors, PureRAW est-ce comme iTunes pour Windows, « comme porter un verre d’eau glacée à quelqu’un en enfer » ?

Principe de fonctionnement

Avec PureRAW, DxO effectue une rupture paradigmatique en renversant l’approche habituelle de la correction des fichiers RAW à deux niveaux, grâce à l’utilisation du Deep Learning et de l’intelligence artificielle :

  • d’une part en adoptant une démarche holistique, globale, du traitement du fichier en travaillant simultanément sur le débruitage et le dématricage du fichier brut à partir des caractéristiques du capteur, mais également sur la correction des défauts spécifiques de l’optique, en accutence, en « vignettage » ou en coussinet/barillet ;
  • d’autre part en s’appuyant sur des millions d’images de calibration, réalisées à partir de plus de 60 000 combinaisons boîtier/objectif accumulés par l’éditeur depuis 2003, pour « apprendre » à l’intelligence artificielle le résultat attendu ainsi que les différents niveaux « d’erreurs » intermédiaires.

L’intelligence artificielle « tire » en quelque sorte l’image vers le haut à partir de ce qui est attendu, au lieu de tenter de la « pousser » à partir des pixels sains autour des aberrations, comme cela pouvait être le cas pour les procédés de traitement les plus avancés. Et ce, de façon étonnamment plus efficace que ce qui était même espéré.

Avec ce double renversement, PureRAW simule en quelque sorte le fonctionnement du cerveau humain, avec la combinatoire progressive d’éléments de plus en plus complexes dans le processus d’apprentissage, mais également avec la « prédiction » du résultat attendu, comme c’est le cas par exemple au cours du processus de lecture.

Le résultat au niveau des détails mais également des aplats est sans commune mesure avec ce qui pouvait être proposé par ailleurs jusqu’ici. Objectivement, on n’est pas loin des deux diaphragmes de gain revendiqués par DxO.

PureRAW à l’usage :

On l’a dit : pour l’utilisateur, le fonctionnement de PureRAW est on ne peut plus simple et totalement transparent. Une fois le programme installé, il suffit de choisir le ou les fichiers RAW à traiter. L’interface utilisateur est simplissime, et accepte les traitements par lots à partir d’un dossier en naviguant classiquement dans l’arborescence du disque dur, par glisser-déposer. Sur Mac OS X, le glisser-déposer de fichiers directement sur l’icône de PureRAW dans le dock fonctionne également.

Comme PhotoLab ou Optics Pro avant lui, PureRAW repose donc à chaque fois sur l’analyse des défauts d’un couple unique capteur/optique, réalisée en amont au laboratoire de l’éditeur pour chaque diaphragme et aux principales distances s’il s’agit d’un zoom, et que le logiciel va mettre à profit pour corriger les images à traiter. Si nécessaire, PureRAW va donc commencer par vous demander l’autorisation de les télécharger.

PureRAW Import Modules

L’écran suivant propose de choisir la qualité de traitement souhaitée, en fonction de l’état d’origine du fichier-source, des ressources en temps et en matériel disponibles et de l’utilisation prévue. Des tirages destinés à une première lecture, au Web ou à l’impression ne demanderont pas une égale qualité de traitement, sans parler de la génération du capteur ou de la valeur en ISO de l’image traitée.

Trois niveaux de traitement, et deux formats de sortie

Il est possible d’opter pour le traitement HQ (la génération d’algorithmes antérieurs à la version 9 de DxO Optics Pro, le traitement PRIME antérieur à DxO Photo Labs 4, et le traitement DeepPRIME disponible depuis octobre dernier et la version actuelle de DxO Photo Labs.

Résultats HQ-PRIME-DeepPRIME

Résultats HQ-PRIME-DeepPRIME

Sur le même écran, on choisit également le format de sortie du fichier, JPEG utilisation immédiate ou DNG en vue d’un post-traitement ultérieur, et le dossier de destination : le dossier d’origine, ou un dossier spécifique pour un traitement par lot par exemple. Et l’algorithme de PureRAW fait le reste.

Export-Pureraw

Export-Pureraw

Au bout de quelques secondes ou de quelques minutes, en fonction de la puissance du matériel, de la quantité et de la qualité des fichiers de départ et du niveau de sortie souhaitée, PureRAW propose ensuite d’ouvrir les fichiers obtenus. Que ce soit depuis le dossier de réception, ou bien directement dans l’interface de l’application avec un « split » qui permet de vérifier les modifications avant et après post-traitement. 

Enfin, il est également possible d’expédier directement le négatif numérique dans n’importe quel logiciel capable d’exploiter le format DNG linéaire, qu’il s’agisse de Photoshop ou de Lightroom, ou bien d’Affinity Photo, par exemple (à l’exception des applicatifs d’exploitation propriétaires fournis par les marques comme Nikon, Canon ou Sony pour leurs propres boîtiers).

Conclusion :

Faute de pouvoir rivaliser avec le poids conjugué du marketing et des habitudes de travail face à Adobe, DxO fait le pari de proposer aux 9 millions d’utilisateurs de Photoshop ou de Lightroom la puissance et la qualité de rendu de sa dernière technologie DeepPRIME pour le développement de leurs fichiers RAW. Celui-ci était jusqu’à présent uniquement disponible avec la dernière version du logiciel de traitement d’images de l’éditeur, DxO Photo Labs 4, dont un certain nombre de fonctions étaient redondantes pour les utilisateurs de Lightroom.

DxO PureRAW met la qualité du post-traitement DeepPRIME, basé sur l’intelligence artificielle et les réseaux de neurones, à la portée des utilisateurs d’Adobe, avec la commodité d’un script PhotoShop ou Automator. Les ingénieurs de l’éditeur, en renversant le processus de travail utilisé jusqu’ici par l’ensemble de l’industrie, ont obtenu un résultat étonnant. Une véritable tarte tatin : au lieu de travailler par couches successives (bruit numérique, couleur, déformation de l’optique), l’intelligence artificielle et l’apprentissage profond de PureRAW travaillent à partir du résultat attendu.

Des ISO élevés à la portée de tout un chacun

Avec des résultats surprenants, des contenus riches qui fourmillent de détails comme les pommes confites de la fameuse tarte renversée ! On peut ensuite exploiter les résultats tel quel, avec une sortie au format JPG, ou bien intégrer ensuite le fichier ainsi « nettoyé » dans un logiciel d’édition acceptant le format DNG linéaire, que ce soit chez Adobe ou chez Affinity, comme Affinity Photo par exemple.

Désormais, il n’y a plus de raison objective de se priver de « shooter » avec des  ISO élevés, a fortiori avec un boîtier numérique, compact, réflex ou hybride, relativement récent.

RAW-vs-DNG-pureraw

RAW-vs-DNG-pureraw

PureRAW, un véritable bain de jouvence

Le saut qualitatif permet ainsi de retravailler des images très « bruitées », prises avec des boîtiers anciens. Là encore, le résultat est étonnant. Qui peut le plus peut le moins : nous avons pu tester la version « Release Candidate » de PureRAW, avec des images prises en 2006 avec le Sony Alpha 100, dont le capteur et surtout le processeur généraient des images particulièrement bruitées, et ce dès 400 ISO. Pourtant, à 1600 ISO c’est-à-dire au maximum de ce que le boîtier autorisait à l’époque, la qualité des images rendues est étonnante, en particulier au niveau des aplats.

Les différentes qualité de sa sortie

Un saut incontestable en matière de restitution des aplats ( agrandissement 200 %)

Seul bémol, et c’est la rançon de la simplicité extrême d’utilisation, il est impossible de jouer sur la précision et l’intensité des réglages apportés. Il faudra se tourner pour cela vers Photo Labs 4, avec les surcoûts et l’alourdissement dans les flux de travail de l’ajout de logiciels à part entière supplémentaire.

Un petit regret également : PureRAW ne prend pas en charge les fichiers Apple proRAW générés par les iPhones 12 pro et pro Max. Une bonne raison à cela : il s’agit en réalité de fichiers DNG, qui n’incluent pas toutes les données nécessaires pour le traitement de PureRAW, comme le bruit généré par le capteur ou les défauts de l’optique. 

DxO avait pourtant été le premier à proposer avec DxO OpticsPro 10.1 la prise en charge des fichiers JPEG de l’iPhone 6. Si la porte ne semble pas définitivement fermée (« Pas de support du ProRAW pour le moment »), il est vraisemblable que le recours de plus en plus important de l’intelligence artificielle par Apple, de son côté, ne doit pas faciliter la tâche de l’éditeur.

Or, c’est bien la l’argument principal de PureRAW : offrir la meilleure qualité de traitement des fichiers RAW du marché, avec la légèreté et la facilité d’utilisation d’un script. Le pari est gagné. Cerise sur le gâteau : il n’y a pas de verrouillage à la clé, que ce soit dans une bibliothèque propriétaire ou dans un système d’abonnement.

Prix et disponibilité

Le logiciel est disponible dès à présent, avec un prix de lancement de 89,99 € jusqu’au 31 mai, et de 129 € ensuite.

Une version d’essai de 30 jours est disponible sur le site de l’éditeur  https://www.dxo.com/fr/dxo- pureraw/download/.

DxO PureRAW

129 €
9

Note Globale

9.0/10

Qualité d'image

9.5/10

Ergonomie

9.0/10

Compatibilité

8.5/10

Prix

9.0/10

On aime

  • La qualité exceptionnelle du rendu
  • La facilité d'utilisation
  • Pas de bibliothèque propriétaire
  • Pas abonnement
  • Le prix

On aime moins

  • Pas de réglages possible
  • Pas de support Apple ProRAW
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