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Le FBI piège des criminels en leur vendant des smartphones-espions

Une stratégie intelligente mais difficilement efficace à long terme.

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En collaboration avec l’AFP (Australian Federal Police, pour police fédérale australienne), le FBI vient de réaliser ce qu’on peut aisément qualifier de coup de maître. En effet, lors d’une opération interne intitulée Ironside, le Bureau a tout simplement pu pincer l’équivalent de près de 800 criminels en l’espace de trois années d’investigation. Une prouesse rendue possible grâce à des téléphones mobiles.

Ce gigantesque coup de filet a impliqué d’infiltrer le marché noir afin d’y vendre des centaines de portables équipés d’une backdoor, par laquelle il était alors ensuite facile d’épier toutes les conversations des acheteurs. Un pied de nez aux entreprises comme Apple qui ne souhaitent justement pas mettre en place ce type de portes dérobées, allant même jusqu’à refuser de débloquer les iPhone de certains terroristes.

Cryptomonnaie et recommandation

Pour parfaire leur écran de fumée, les autorités n’acceptaient que les paiements en Bitcoin et faisaient appel au referral uniquement lors de l’échange des appareils : il fallait être parrainé pour se les offrir. Ceux-ci avaient auparavant été équipés d’un système d’exploitation maison appelé AN0M, particulièrement limité et attisant donc la curiosité des victimes. Il n’y était ainsi possible que d’envoyer des SMS, passer des appels modifiant la voix et enregistrer des vidéos, tous les contenus en questions étant censés être chiffrés et protégés.

En lieu et place de ce gage de sécurité, chaque image et chaque discussion était en réalité enregistrée en direct sur les serveurs de la police. Des preuves accablantes ayant ensuite joué un rôle crucial lors du procès qui suivra, mettant à jour 526 charges différentes dans tous les états australiens.

Et maintenant ?

Si ces arrestations ont connu un vif succès dans le Pacifique, elles ne devraient toutefois pas empêcher de nouvelles têtes pensantes de prendre le relai à la tête des réseaux de vente d’armes et de drogue mis à mal pour l’occasion. Car comme souvent, il s’agit surtout d’un moyen de pression pour les législateurs plutôt que d’une véritable solution à un problème endémique et jamais véritablement en perte de vitesse.

Les fabricants de mobiles qui continuent de jouer la carte de la confidentialité, pour leur part, pourraient y trouver un argument supplémentaire en faveur de leur positionnement. Apple en premier lieu bien sûr, la firme étant en conflit ouvert avec les États-Unis à ce propos alors même que le FBI semble désormais se passer amplement de ses services.

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