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Édito

Une vérité qui dérange ?

La mayonnaise qui avait bien monté ces dernières semaines autour des stock options antidatées attribuées par Apple à certains de ses employés entre 1997 et 2002 pourrait bien retomber comme un soufflé…
Le rapport rendu par l’ex vice-président Al Gore qui fait maintenant partie du conseil d’administration donne en effet quittus à l’équipe en place en la matière…

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Le fabricant californien très en vue ces derniers mois a en effet rendu à la SEC, le gendarme de la bourse américaine, son rapport annuel différé depuis septembre pour cause d’investigations internes. Les conclusions de la commission chargée de mener icelles, présidée par l’ex vice-président Al Gore, sont sans équivoque : si des dispositions incorrectes ont été prises pour l’octroi de stock-options, en particulier au niveau des dates, afin d’offrir des bonus supplémentaires à leurs bénéficiaires, il n’y avait pas cependant de volonté de fraude à proprement parler. En particulier, le rapport donne quitus à Steve Jobs en la matière, et le rapport final du conseil d’administration renouvelle sa confiance à Jobs et à sa garde rapprochée actuelle. Ce sont en effet “deux anciens cadres de haut niveau“, Nancy Heinen, la responsable juridique de la société, et Peter Oppenheimer puis Fred Anderson, successivement grands argentiers, pour ne pas les nommer, qui sont intéressés au premier chef pour porter le chapeau, et qui sont en l’espèce visés.

Ce sont au total 84 millions de dollars de correctifs qui seront appliqués pour des pratiques intervenues entre 1997 et 2002, celles-ci ayant cessé à partir de cette date : la manipulation n’est pas en effet illégale, à condition d’apparaître en toute transparence dans les comptes présentés. En ce qui concerne Steve, les attributions qu’il a reçu ont bien été également antidatées même s’il n’en a pas tiré profit, celles-ci étaient datées de janvier 2000 à hauteur de 10 millions d’options pour la première et de 7,5 millions en octobre 2001 pour la seconde, toutes deux étant annulées en mars 2003 et remplacées par un paquet de compensation de 5 millions de titres. Le CEO ne les avait en effet pas fait valoir, et le titre AAPL s’était considérablement apprécié du fait du redressement spectaculaire de la société. Pour la petite histoire, le jeu d’écriture entre octobre et décembre 2001 représentait une sympathique plus-value de 20 millions de dollars, entre le cours d’exercice de 18,30$ et le cours réel de 21,01$… ce qui en dit long par ailleurs sur le travail de fond accompli par cette équipe pour une société dont les bonnes âmes ne se privaient pas de pronostiquer la mort prochaine… A titre de comparaison, le titre AAPL valait à l’ouverture 85 dollars aujourd’hui, en hausse de plus de 5%… après avoir été fait l’objet depuis d’un échange sur la base de 2 pour 1, d’abord en avril 2000 puis en février 2005. Pas si mal pour une société qu’on a si souvent décrite en état de mort imminente !

Apple se porte bien, donc, et n’est pas dirigée par des ripoux, même si elle a cherché à offrir certains bonus à certains de ses employés avec des manipulations d’écritures, comme d’ailleurs 160 autres sociétés à la même époque soit environ 30 ou 35% des sociétés du top 500 du magazine Fortune, comme le souligne Shaw Wu… et d’autant que les investisseurs qui ont fait confiance à Apple sur le long terme n’ont pas eu à s’en plaindre, loin s’en faut… On peut trouver injuste le principe des stock options : en la matière, ceux-ci ont bénéficié à 6 428 employés de la société, en leur offrant un intéressement pour tous les efforts consentis pour tirer Apple de l’ornière. D’autre constructeurs informatiques se sont moralement bien plus mal conduits à l’égard de leurs salariés… en toute légalité, cette fois. Ironie de l’histoire, c’est pour rassurer les investisseurs dans l’implication à long terme de Jobs qu’en janvier 2000 un premier paquet d’actions lui avait été attribué, celui-ci refusant toujours d’être rétribué en tant que CEO… si ce n’est avec la mise à disposition d’un jet Gulfstream V de fonction !

Reste à savoir comment le parquet fédéral va réagir face à ce qui reste en toute légalité un faux en écriture… même si la pratique en était, on le répète, généralisée… Toujours applemane en diable, Le Monde n’hésite pas à évoquer une possible démission de Steve Jobs, histoire sans doute de dramatiser un peu plus.Alors, beaucoup de bruit pour rien, ou nouvelle manifestation du fameux champ de distorsion de la réalité… de la part de la presse, cette fois ? :langue

Rappel : [en mars 2003 Apple avait mis en place un plan de rachat des plans de stock options attribués entre 1997 et 2002, ramenant le nombre de celles-ci de 16 millions et demi à 7 millions. Un certain nombre de dirigeants, dont Ron Johnson mais également Nancy Heinen ou Bertrand Serlet ont entre-temps “réalisé” une partie du paquet qui leur avait été attribué, ce qui n’est pas le cas de Steve Jobs qui il est vrai est assi sur un confortable tas de millions depuis la vente de sa précédente société NeXT à Apple en 1997, sans même parler de ce qu’il a conservé d’actions Apple (AAPL) depuis son introduction, ni même ce que lui a rapporté Pixar le studio de création récemment cédé au groupe Disney…
En août dernier, un groupe d’actionnaire avait déposé plainte pour l’octroi de sctock options anti-datées, sur un fond néanmoins plutôt confus. Après avoir différé la publication définitive de ses comptes annuels, Apple avait rendu un rapport d’enquête interne qui dédouanait très largement Steve Jobs et l’équipe dirigeante actuelle et présenté des excuses. Mercredi soir, le Financial Times avait publié des indiscrétions selon lesquelles les séances au cours desquelles les fameuses stocks-options auraient té vattribuées avaient été en définitive régularisées a posteriori… ]